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Cahier des charges site internet : décider avant le devis

Objectif, offre, zone, contenus, propriété du nom de domaine, postes du devis : les décisions à écrire avant de consulter une agence pour votre site.

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Cahier des charges site internet : décider avant le devis

Avant de consulter un prestataire, un cahier des charges de site internet fixe vos décisions : à quoi le site doit servir, pour qui, sur quelle zone, avec quel budget, et qui restera propriétaire du nom de domaine. Ce document rend les devis comparables et borne le périmètre du projet.

Ce qu’un cahier des charges de site internet règle vraiment

Le mot évoque un dossier d’appel d’offres de cent pages. Dans une TPE, le cahier des charges utile tient sur quelques pages et ne contient presque aucune ligne technique.

Sa première fonction est économique. Deux prestataires consultés sans cadre écrit ne chiffrent jamais le même projet : le premier prévoit huit pages et un formulaire, le second vingt pages, un blog et une nouvelle identité visuelle. Les deux devis arrivent, aucun n’est comparable, et la décision se prend sur le prix plutôt que sur le contenu.

Sa seconde fonction tient au périmètre. Le document écrit sépare ce qui est prévu de ce qui sera facturé en plus : demander une page supplémentaire en cours de projet reste légitime, cela devient visible et chiffré.

Trois dérives classiques disparaissent avec un cadre écrit :

  • le projet qui grossit page après page sans que le budget soit rouvert ;
  • les textes et les photos attendus pendant des mois, faute de responsable désigné ;
  • la mise en ligne repoussée faute de contenu tranché pour les pages de prestation.

Un dirigeant qui rédige lui-même ces réponses arrive au premier rendez-vous avec des décisions, pas avec des questions. Le professionnel chiffre alors un projet réel.

Le cadrage, première étape d’un projet mené avec une agence

La première séance de travail avec un professionnel du web porte un nom : le cadrage. Elle ne parle ni de couleurs ni de technologie, mais de votre activité. Que vendez-vous, à qui, dans quelles communes, et que tapent ces clients dans Google quand ils cherchent votre métier ? Cette séance vaut mieux qu’un questionnaire envoyé par courriel, parce que les réponses utiles sortent rarement du premier jet.

L’ordre des questions sépare les équipes qui construisent un site de celles qui déroulent un gabarit. Une équipe de la Loire qui assure la création de site internet à Saint-Étienne commence chez son client : elle relève l’offre, les clients, les concurrents déjà visibles dans Google, et le plan du site, son arborescence, découle de ce relevé. Sur le marché le plus disputé du département, où les structures lyonnaises et les plateformes nationales se positionnent sur les mêmes requêtes, cette spécialisation par métier et par ville pèse plus lourd qu’une page d’accueil calée sur une requête large.

Le bénéfice se lit dans le plan de pages. Un site construit depuis l’offre réelle porte une page par prestation, chacune capable de répondre à une recherche précise. Un site construit depuis un gabarit regroupe tout dans une page « Services » que personne ne trouve. Deux maquettes présentées avant le développement, l’accueil et une page de prestation, tranchent cette question tant qu’elle coûte encore un aller-retour de correction.

Votre document se nourrit de cette séance au lieu de la remplacer : vous apportez les décisions d’entreprise, le professionnel les traduit en pages et en priorités de production.

Deux tasses de café et un carnet fermé posés sur une table d’atelier en bois

L’objectif commercial : ce que le site doit produire

Un site sans objectif écrit devient une plaquette. La question tient en une phrase : que doit faire un visiteur avant de quitter la page ?

Quatre réponses couvrent la majorité des TPE :

  • une demande de contact qualifiée, par formulaire ou par téléphone ;
  • une demande de devis, avec les informations utiles au chiffrage ;
  • une prise de rendez-vous dans un agenda ;
  • une vente en ligne, du panier au paiement.

Retenez un objectif principal par site ; les autres acceptent d’être moins visibles. Un artisan qui veut des devis place un formulaire court sur chaque page de prestation, un cabinet qui veut des rendez-vous installe un agenda.

Cet objectif se mesure. Écrivez le volume mensuel visé et la façon de le compter : formulaires reçus, appels tracés, rendez-vous pris, commandes enregistrées. Rattachez ce volume aux hypothèses de chiffre d’affaires de votre business plan. Le site devient un canal d’acquisition mesuré, avec un coût d’entrée et un rendement attendu.

Votre offre, votre zone et les concurrents visibles dans Google

Le professionnel construira le plan du site, mais la matière vient de vous. Trois listes suffisent.

La première recense vos prestations, telles que vos clients les nomment. « Rénovation de salle de bains » plutôt que « second œuvre ». Chaque ligne deviendra une page, avec son titre et sa recherche cible : vingt lignes annoncent un site plus large que cinq.

La deuxième recense votre zone : les communes où vous intervenez réellement, classées par intérêt commercial. Elle décide de l’existence de pages locales et de l’ordre des priorités. Une entreprise de la plaine du Forez ne traite pas Saint-Étienne, Saint-Chamond et Firminy avec la même page.

La troisième recense vos preuves : chantiers présentables, références clientes qui acceptent d’être citées, certifications, ancienneté. Ces éléments remplissent les pages lues avant un appel.

Ajoutez un relevé de concurrence, fait à la main. Tapez votre métier suivi de votre ville, ouvrez les cinq premiers résultats, puis notez quatre points :

  • la structure des pages et le détail des prestations ;
  • la longueur des textes et l’origine des photos ;
  • les preuves affichées : réalisations, avis, labels ;
  • la façon d’inviter le visiteur à prendre contact.

Ce relevé ne sert pas à copier, il sert à savoir ce que votre page devra dépasser. Les stratégies de visibilité d’un site marchand reposent sur la même lecture du terrain.

Colis en carton fermés empilés sur un comptoir en bois près d’un rouleau de papier kraft

Vitrine, boutique en ligne ou refonte : trois cahiers des charges

Trois projets portent le même nom et n’ont presque rien en commun. Le vôtre relève d’une seule famille.

Le site vitrine, un plan de pages

Un site vitrine se décrit par son plan : pages de prestation, accueil, page à propos, contact, mentions légales. Précisez le nombre de pages prévues, celles qui recevront un formulaire, celles qui recevront des photos. Ce nombre se déduit de votre offre, jamais d’un forfait.

La boutique en ligne, une couche de décisions

Une boutique en ligne ajoute une série de choix qui se paient en développement ou en abonnement :

  • le nombre de références et les déclinaisons de taille ou de format ;
  • les informations obligatoires portées par chaque fiche produit ;
  • les modes de paiement acceptés et le sort des paiements refusés ;
  • les transporteurs, les zones livrées et le calcul des frais ;
  • la politique de retour et le suivi des stocks.

Chacun de ces points se tranche avant le devis. Notre guide pour créer une boutique en ligne détaille ces arbitrages de catalogue et de logistique.

La refonte, un inventaire de l’existant

Une refonte de site commence par un inventaire. Listez les adresses de vos pages actuelles, leur trafic, celles qui ressortent dans Google. Ces adresses se conservent ou se redirigent une par une : changer toutes les URL sans redirection efface un historique construit en plusieurs années. Exigez une sauvegarde complète avant la première intervention, et gardez-en une copie.

Les contenus et les photos : qui fournit quoi, et pour quand

La première cause de retard d’un projet web n’est ni technique ni budgétaire : les textes n’arrivent pas. Tranchez trois points.

Qui écrit, d’abord. Vos pages de prestation demandent un vocabulaire métier que personne ne maîtrise mieux que vous. Deux organisations tiennent : vous fournissez une trame par page et le prestataire la met en forme, ou vous confiez la rédaction complète, poste à chiffrer au devis.

Qui fournit les visuels, ensuite. Des photos de vos chantiers, de votre atelier ou de vos produits valent mieux qu’une banque d’images vue partout. Si vous achetez des visuels, vérifiez l’étendue des droits d’usage cédés. Une séance photo se planifie tôt : elle dépend de la météo et d’un chantier en cours.

Pour quand, enfin. Donnez une date interne par lot de contenus et nommez un responsable dans l’entreprise. Déléguer la collecte sans échéance produit un site en attente pendant des mois. Les erreurs de management qui freinent une PME se retrouvent dans un projet web : responsabilité floue, échéance absente, arbitrage jamais rendu.

Main tenant un stylo-plume au-dessus d’une chemise cartonnée fermée sur un bureau en bois

Ce qui doit figurer au devis, poste par poste

Un devis détaillé se lit ligne par ligne. Réclamez cette ventilation : elle rend les propositions comparables et révèle ce qui manque.

Le nom de domaine et l’hébergement à votre nom

Le nom de domaine doit être enregistré au nom de votre entreprise, pas à celui du prestataire. L’Afnic, office d’enregistrement du .fr, décrit le titulaire comme celui qui détient un droit d’utilisation exclusif sur le nom, et lui demande des coordonnées valides et actualisées pendant toute la durée de vie du domaine. Deux conséquences pratiques : changer de bureau d’enregistrement suppose de fournir le code AUTH_INFO du domaine, et transmettre un nom à un autre titulaire passe par une demande validée par le titulaire en place. Domaine, hébergement, fichiers et accès administrateur à votre nom : cette ligne se vérifie avant signature, pas au moment d’un désaccord.

Production, maintenance et mentions obligatoires

Demandez ensuite que le devis nomme les étapes de production, des maquettes à la recette, et le suivi après mise en ligne :

  • les maquettes présentées avant développement et les allers-retours inclus ;
  • le développement, page type par page type ;
  • la recette page par page avant publication, sur ordinateur et sur mobile ;
  • les sauvegardes, les mises à jour et le délai d’intervention en cas de panne ;
  • la formation à la prise en main et la remise des accès.

Une sauvegarde régulière et une restauration déjà testée relèvent du même réflexe que votre plan de continuité d’activité.

La conformité mérite sa propre ligne. Pour le site d’une entreprise individuelle, entreprendre.service-public.gouv.fr liste l’identité et l’adresse de l’exploitant, la mention « entrepreneur individuel » ou « EI », le numéro d’inscription au RCS, un moyen de contact, le numéro de TVA intracommunautaire et l’identité de l’hébergeur, plus des conditions générales de vente face à des consommateurs. La CNIL rappelle que les traceurs de publicité personnalisée réclament un consentement préalable, et que refuser doit rester aussi simple qu’accepter.

La page à remplir avant le premier rendez-vous

Ouvrez un document d’une page et répondez à ces lignes. Elles couvrent l’essentiel de ce qu’un professionnel vous demandera.

  • l’objectif principal du site et le volume mensuel visé ;
  • la liste de vos prestations, dans les mots de vos clients ;
  • les communes à couvrir, par ordre d’intérêt ;
  • le type de projet : vitrine, boutique en ligne ou refonte ;
  • vos preuves disponibles : réalisations, références, certifications ;
  • qui écrit les textes, qui fournit les photos, pour quelle date ;
  • le budget acceptable, en investissement puis en frais annuels.

Prochaine étape : remplissez ces sept lignes, puis adressez-les à deux professionnels avec la même demande de devis ventilé. À périmètre identique, les écarts porteront sur la méthode et sur le prix, et non sur un périmètre que chacun aurait deviné.